United Kingdom General electionby 15 Aug 2029in 1,017 days Majority for any party 44% Labour largest party 94% Calendar Track record Research
Closest
Recherche · When the polls missed
EN FR

L'avance du Wildrose disparue en une nuit : le raté des sondages albertains de 2012

Résumé. Les derniers sondages donnaient en moyenne 41 % au Wildrose et 34 % aux progressistes-conservateurs ; les PC l'ont emporté par 44,0 % contre 34,3 % et ont conservé une majorité de 61 sièges. Les sondeurs ont invoqué un virage de dernière minute des indécis et d'électeurs de centre gauche vers les PC, après la fin de la plupart des sondages, aggravé par une participation en hausse de 14 points.

Polling Forecast · 2 novembre 2026 · 7 min de lecture · Canada, 2012 Alberta provincial election, polling error, final polls, inquiry, pollster methods

Résumé

Tous les sondages publiés pendant la campagne albertaine de 2012 donnaient le Wildrose en tête. Le dernier sondage de chacune des sept firmes plaçait en moyenne le Wildrose à 41,0 % et les progressistes-conservateurs à 34,0 %, soit une avance de 7 points. Le 23 avril, les PC l'ont emporté par 44,0 % contre 34,3 % et ont remporté 61 des 87 sièges. L'erreur sur l'écart atteint 16,7 points. Les sondeurs ont parlé d'un virage de dernière minute : des électeurs, dont beaucoup de libéraux et de néo-démocrates, se sont rangés derrière les PC d'Alison Redford dans les deux ou trois derniers jours pour barrer la route à Danielle Smith, alors que la plupart des firmes avaient déjà cessé de sonder.

Ce que disaient les sondages

Le dernier sondage de chaque firme dont la collecte s'est terminée dans les dix jours précédant le scrutin (chiffres tirés des tableaux établis à partir des communiqués des firmes, dont la plupart ne sont plus en ligne) :

Sondeur Fin de la collecte PC Wildrose Libéral NPD
Forum Research 22 avr. 36 38 10 12
Angus Reid 21 avr. 32 41 13 11
Campaign Research 19 avr. 34 41 11 11
Abacus Data 19 avr. 31 41 12 13
ThinkHQ 18 avr. 33 41 11 11
Léger 16 avr. 36 42 9 10
Return on Insight 14 avr. 36 43 11 9
Moyenne 34,0 41,0 11,0 11,0

L'avance du Wildrose avait été plus large. Abacus le plaçait 17 points devant (46 contre 29) dans le sondage terminé le 11 avril, veille du débat des chefs. La course s'est resserrée pendant la dernière semaine, mais aucun sondage de la campagne n'a mis les PC en tête.

Ce qui s'est passé

Chiffres officiels d'Elections Alberta : PC 43,97 %, Wildrose 34,28 %, libéraux 9,89 %, NPD 9,85 %, Alberta Party 1,31 %. Sièges : PC 61, Wildrose 17, libéraux 5, NPD 4. La participation est passée de 40,59 % en 2008 à 54,37 %, première hausse depuis 1993.

Par rapport à la moyenne, les PC ont été sous-estimés de 10,0 points et le Wildrose surestimé de 6,7. Les libéraux (1,1 point de trop) et le NPD (1,2 point de trop) étaient proches du résultat. Même Forum, seule firme sur le terrain pendant la dernière fin de semaine, a raté l'écart de 11,7 points.

Pourquoi : ce qu'ont conclu les sondeurs

Aucun organisme du secteur n'a mené d'enquête. L'Association de la recherche et de l'intelligence marketing (ARIM, ou MRIA en anglais) n'a pas examiné ces sondages. Les explications sont venues des firmes elles-mêmes, pour la plupart dans les jours qui ont suivi le vote.

  • Angus Reid (Mario Canseco, 24 avril 2012). Les sondages auraient été justes si l'élection avait eu lieu le samedi. La firme a clos sa collecte le samedi matin pour publier à temps et a vu, selon lui, l'opinion basculer radicalement dans la dernière journée et demie de la campagne. Il disait n'avoir jamais vu tous les sondeurs se tromper à ce point.
  • Léger (Ian Large, 26 avril 2012). Léger a sondé en ligne 481 Albertains le lendemain du scrutin. 39 % disaient avoir fait leur choix pendant la dernière semaine ou plus tard : 11 % pendant la dernière fin de semaine, 7 % le jour du vote et 7 % dans l'isoloir. C'était le cas de 45 % des électeurs PC, contre 26 % des électeurs du Wildrose. 27 % des électeurs PC disaient avoir voté avant tout pour bloquer un autre parti. Selon Large, cela pouvait expliquer presque entièrement l'écart avec les derniers sondages. 35 % des électeurs PC disaient avoir envisagé le Wildrose.
  • ThinkHQ (Marc Henry) a relevé le peu de valeurs aberrantes et proposé un suivi quotidien en moyenne mobile. Janet Brown, dont le modèle prévoyait une majorité du Wildrose, a jugé que l'opinion avait changé radicalement, vite et tout à la fin de la campagne.
  • Return on Insight (Bruce Cameron) a mis en cause les sondages en ligne et automatisés, à ses yeux moins solides que les entrevues avec un intervieweur. Allan Gregg, de Harris-Decima, a souligné la force du gouvernement sortant, que les sondeurs sous-estiment selon lui.

La campagne PC a affirmé que ses sondages internes la donnaient en tête du début à la fin. Les ennuis du Wildrose en fin de campagne sont venus des propos de deux candidats : le billet de blogue d'Allan Hunsperger sur le « lac de feu » promis aux homosexuels et le commentaire de Ron Leech sur l'avantage que lui donnait le fait d'être blanc. Les deux affaires ont éclaté pendant la dernière semaine.

L'étude la plus complète, publiée par David Coletto (Abacus) et Bryan Breguet dans la Canadian Political Science Review (2015), conclut que les électeurs tardifs ne suffisent pas à tout expliquer. Même le haut de la fourchette des PC dans les données de volatilité d'Abacus restait sous les 44 % obtenus par le parti. Sur neuf élections provinciales, la variation de la participation était le meilleur prédicteur de l'erreur des sondages, et la participation albertaine a bondi de près de 14 points.

Ce que montrent nos données

Notre lecture des chiffres publiés :

  • L'erreur porte sur le parti au pouvoir. Les PC ont été sous-estimés de 10 points, davantage que le Wildrose n'a été surestimé (6,7). Les parts des libéraux et du NPD étaient presque justes : le mouvement final est donc venu des deux côtés. Des électeurs tièdes du Wildrose sont revenus aux PC, et des électeurs de centre gauche leur ont prêté leur vote. Cela concorde avec les 27 % de vote de blocage mesurés par Léger.
  • La participation a changé l'électorat. Les votes valides sont passés de 950 363 à 1 290 352. L'essentiel des voix supplémentaires est allé au Wildrose (+377 918), mais les PC ont aussi gagné 66 249 voix alors que leur part reculait de 8,8 points, et les libéraux en ont perdu 123 532. Une hausse de participation de cette ampleur est précisément ce qu'un filtre d'électeurs probables fondé sur la participation passée a du mal à saisir.
  • Le calendrier explique une partie, pas tout. Les deux derniers sondages de Forum sont passés de Wildrose +9 (21 avril) à Wildrose +2 (22 avril) : il y a bien eu un mouvement en toute fin de course. Forum restait pourtant à 11,7 points du résultat.
  • Toutes les firmes se sont trompées dans le même sens. Sondages en ligne, automatisés ou téléphoniques : tous donnaient le Wildrose en tête. Le mode de collecte n'a rien changé au sens de l'erreur.
  • Par rapport au bilan fédéral, l'écart est énorme. Aux élections fédérales depuis 2000, la plus grosse erreur sur l'écart entre les deux premiers partis est de 5,8 points (2004) (étude sur l'erreur des sondages au Canada). L'Alberta en 2012, c'est presque le triple. Un an plus tard, la Colombie-Britannique a connu un raté de 11,5 points, avec là encore un gouvernement sortant sous-estimé.

Ce que les sondeurs ont changé

Il n'y a eu ni bilan collectif ni changement de méthode commun. Les changements se sont faits firme par firme et ont surtout porté sur le calendrier :

  • Angus Reid a annoncé qu'aux prochaines élections, la firme sonderait « jusqu'à 23 h 59 » au lieu de s'arrêter plusieurs jours avant.
  • ThinkHQ a proposé un suivi quotidien en continu pour saisir les basculements rapides. Ian Large, chez Léger, prévoyait un recours accru aux sondages en ligne, qu'il jugeait rapides et tout aussi précis.

Cela n'a pas empêché la récidive. Treize mois plus tard, les sondages britanno-colombiens se sont trompés de la même façon. Dans leur analyse de l'élection albertaine de 2015, Janet Brown et John Santos jugent les sondages à peine meilleurs (« marginally better ») qu'en 2012, scrutin où, selon eux, ils avaient échoué aux quatre critères de précision retenus.

Ce que cela implique pour notre prévision

Notre correction canadienne repose uniquement sur les élections fédérales. On retire des sondages actuels la moitié de l'erreur moyenne passée de chaque parti, et la règle est conservée parce qu'elle a battu la simple moyenne à sept élections fédérales sur neuf, chacune prédite sans connaître son résultat (étude sur l'erreur des sondages au Canada). Les ratés provinciaux comme celui de l'Alberta en 2012 ne figurent pas dans ce bilan, et une correction tirée d'une seule élection dans une seule province ne passerait pas le même test.

Pour les provinces que nous prévoyons, les simulations tirent plutôt une erreur à l'échelle de la province pour chacun des deux principaux partis, avec un écart-type de 4 points par défaut, à laquelle s'ajoutent un bruit régional et un bruit par circonscription. Un raté de 10 points sur les PC représente deux écarts-types et demi : il se situe dans la queue des simulations, pas en dehors. Le bilan de chaque firme figure dans notre classement des sondeurs canadiens.

Sources

Comment citer

Polling Forecast (2026). L'avance du Wildrose disparue en une nuit : le raté des sondages albertains de 2012. Consulté le 2 novembre 2026 sur https://www.pollingforecast.com/research/missed-ca-2012-ab-fr. Les chiffres en direct changent avec les nouveaux sondages ; la date ci-dessus est celle de la dernière révision du texte.

You may also like