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Des sondages nationaux aux 343 circonscriptions : les régions, le Québec et le modèle de glissement

Résumé. Comment la prévision canadienne transforme les parts nationales en parts par circonscription. Sept régions sont lues chacune de deux façons, par le glissement national depuis 2025 et par les chiffres régionaux des maisons elles-mêmes mesurés par rapport au chiffre national de la même publication, combinées selon le nombre de maisons qui publient des chiffres pour la région, puis ajustées pour que leur somme redonne le total national. Le résultat de 2025 de chaque circonscription varie ensuite selon la variation de sa région, par glissement uniforme. L'article traite des 151 lectures régionales, du Québec et du Bloc, d'une circonscription détaillée, des sièges par province et des prévisions provinciales en Alberta et au Manitoba.

Polling Forecast · 15 octobre 2026 · 14 min de lecture · Canada, régions, sondages régionaux, glissement uniforme, circonscriptions, Québec, Bloc québécois, provinces, Alberta, Manitoba

Résumé

Le Canada élit 343 députés dans 343 scrutins majoritaires distincts; les sièges dépendent donc de l'endroit où se trouvent les voix. Cet article décrit comment la prévision transforme les parts nationales en parts par circonscription : sept régions, chacune lue dans les chiffres régionaux que les maisons publient dans leurs communiqués et combinée au glissement national, puis le résultat de 2025 de chaque circonscription déplacé selon la variation de sa région. Il traite du cas particulier du Bloc québécois, dont tout le vote se trouve au Québec, détaille le calcul pour une circonscription et donne les chiffres d'aujourd'hui région par région et province par province.

Deux choix de conception portent l'essentiel du poids. D'abord, le chiffre régional de chaque maison est mesuré par rapport à son propre chiffre national dans la même publication; une maison qui place un parti haut au pays ne le pousse donc pas aussi dans chaque région. Ensuite, les régions sont ajustées après la combinaison pour que leur somme redonne les parts nationales corrigées : les sondages régionaux redistribuent le vote d'un parti entre les régions, mais ne changent jamais son total national. La dernière partie décrit les prévisions distinctes pour les élections provinciales de l'Alberta et du Manitoba.

Pourquoi des régions

Au scrutin majoritaire, un parti ne gagne rien avec une deuxième place, et une même part nationale peut donner des nombres de sièges très différents. Aux élections de 2019 et de 2021, les conservateurs ont obtenu le plus de voix (34,3 % et 33,7 %) et les libéraux le plus de sièges (157 et 160 contre 121 et 119), parce que les voix conservatrices s'accumulaient en Alberta et en Saskatchewan alors que les voix libérales étaient réparties plus efficacement en Ontario, au Québec et au Canada atlantique.

Les élections canadiennes sont aussi régionales dans leurs mouvements. En 2011, le NPD a remporté 59 des 75 sièges du Québec, tandis que le Bloc tombait à quatre; en 2015, les libéraux ont remporté les 32 sièges du Canada atlantique; en 2025, le NPD a perdu dix de ses treize sièges en Colombie-Britannique et ses cinq sièges en Ontario. Une prévision qui déplacerait chaque circonscription selon la même variation nationale passerait à côté de ces dynamiques, et les reprises de Tester le moteur des sièges : la vérification de la pluralité, 2025 et les reprises du glissement en montrent le coût : sur sept paires d'élections, de 2004→2006 à 2021→2025, le glissement uniforme appliqué à l'échelle nationale a attribué 373 circonscriptions au mauvais parti, et appliqué région par région avec la vraie variation régionale, 268.

Les sept régions

Les maisons publient leurs chiffres régionaux en six groupes, et nous utilisons les mêmes six, plus les territoires comme septième région :

Région Provinces et territoires Circonscriptions Part du vote national de 2025
Canada atlantique Terre-Neuve-et-Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick 32 7,2 %
Québec Québec 78 22,8 %
Ontario Ontario 122 38,6 %
Manitoba et Saskatchewan Manitoba, Saskatchewan 28 6,1 %
Alberta Alberta 37 11,5 %
Colombie-Britannique Colombie-Britannique 43 13,5 %
Les territoires Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut 3 0,2 %

Tableau : Les sept régions. Circonscriptions selon le décret de représentation de 2023; parts des voix tirées des résultats par circonscription de 2025.

Les territoires n'ont pas de sondages régionaux et suivent le glissement national.

Deux lectures de chaque région

Pour chaque région \(r\), la prévision forme deux estimations de la part de chaque parti et les combine.

Le glissement national

Soit \(N_p\) la part nationale corrigée d'aujourd'hui (Comment nous lisons les sondages canadiens : la moyenne, la correction et son test), \(N^{25}_p\) la part nationale de 2025 et \(B_{r,p}\) la part du parti dans la région en 2025. Le glissement national multiplie le résultat régional par la variation nationale et ramène la région à 100 :

\[ S_{r,p} = \frac{B_{r,p} \cdot N_p / N^{25}_p}{\sum_q B_{r,q} \cdot N_q / N^{25}_q} \times 100. \tag{1} \]

C'est un glissement proportionnel à l'échelle régionale. Il préserve le caractère de chaque région (les conservateurs beaucoup plus forts en Alberta qu'au Québec) et déplace toutes les régions dans la même proportion.

Les sondages régionaux

Beaucoup de publications canadiennes comprennent un tableau régional. Pour un chiffre régional \(x_{j,r,p}\) dans la publication de la maison \(j\), et le chiffre national \(X_{j,p}\) de cette même publication, l'écart est

\[ d_{j,r,p} = x_{j,r,p} - X_{j,p}. \tag{2} \]

La lecture de la région par les sondages régionaux est notre part nationale plus l'écart moyen entre les \(n_r\) maisons qui publient un chiffre pour cette région :

\[ P_{r,p} = \max\!\Big(0,\ N_p + \frac{1}{n_{r,p}}\sum_{j} d_{j,r,p}\Big), \tag{3} \]

où \(n_{r,p}\) compte les maisons qui présentent le parti \(p\) dans la région. La lecture la plus récente de chaque maison pour la région compte si son terrain s'est terminé dans les 90 jours précédant le sondage national le plus récent (un réglage de la page d'administration).

Mesurer l'écart à l'intérieur de la publication est l'étape importante. Si une maison place les conservateurs quatre points au-dessus de la moyenne au pays, ses chiffres régionaux seront habituellement élevés eux aussi. Pris tels quels, ils pousseraient les conservateurs vers le haut dans chaque région qu'elle couvre. Mesurés par rapport au chiffre national de la même publication, l'effet maison s'annule et seul le profil régional demeure. Ce profil est ensuite appliqué à notre part nationale, qui est déjà corrigée.

Deux types de lectures exigent des règles supplémentaires. Un sondage régional autonome (un sondage portant sur le seul Québec ou la seule Alberta, par exemple) n'a pas de chiffre national dans la même publication; il est donc mesuré par rapport à notre moyenne nationale des sondages au moment où il a été réalisé. Et certaines publications ne nomment que quelques partis dans une région (les billets d'Abacus Data donnent les libéraux et les conservateurs, et le Bloc au Québec, dans le texte) : un tableau de quatre partis ou plus est ramené à 100, mais un tableau partiel garde ses chiffres publiés, et un parti qu'il ne nomme pas prend sa part selon le glissement national dans l'équation (3).

La combinaison

Les deux lectures sont combinées avec un poids sur les sondages qui croît avec le nombre de maisons :

\[ E_{r,p} = (1 - w_r)\,S_{r,p} + w_r\,P_{r,p}, \qquad w_r = \frac{n_r}{n_r + 2}. \tag{4} \]

Une maison reçoit le tiers du poids, deux en reçoivent la moitié, trois en reçoivent 60 % et six en recevraient les trois quarts. Une région sans sondage régional garde le glissement national. Un parti qui n'avait aucun vote dans une région en 2025 y reste à zéro : le Bloc partout hors du Québec, et le Parti populaire dans les territoires, où il n'avait pas de candidats.

Retrouver le total national

Les régions combinées n'ont pas de raison de redonner, une fois additionnées, les parts nationales : les sondages régionaux pourraient placer les conservateurs au-dessus du glissement national dans quatre régions et en dessous dans aucune. La prévision ajuste donc les parts régionales de chaque parti pour que, pondérées par la part du vote national de 2025 de chaque région \(\omega_r\), elles redonnent la part nationale,

\[ E_{r,p} \leftarrow E_{r,p} \cdot \frac{N_p}{\sum_s \omega_s E_{s,p}}, \tag{5} \]

puis ramène chaque région à 100, et répète ces deux étapes trois fois. On obtient un ensemble de parts régionales qui respecte le chiffre national tout en conservant le profil régional que montrent les sondages.

Cette étape a une conséquence qu'il vaut la peine d'énoncer. Si les sondages régionaux montrent un parti progressant moins que le glissement national dans certaines régions, l'équation (5) attribue la différence aux autres régions. Aujourd'hui, les sondages régionaux placent le NPD bien en dessous du glissement national en Colombie-Britannique (9,8 % contre 22,9 %), et la combinaison y donne 16,4 %; l'ajustement à la part nationale du NPD, de 11,9 %, relève ensuite le NPD dans chaque région, à 19,5 % en Colombie-Britannique et à 10,2 % en Ontario, où les deux lectures le plaçaient plus bas. Les sondages régionaux décident où le vote d'un parti est relativement fort; les sondages nationaux décident de son volume.

D'où viennent les chiffres régionaux

Depuis l'élection de 2025, nous disposons de 151 lectures régionales : 138 tableaux régionaux dans des publications nationales et 13 sondages régionaux autonomes.

Maison Lectures régionales Dont sondages autonomes
Léger 79 7
Abacus Data 28 1
Innovative Research 18 0
Mainstreet Research 10 4
Liaison Strategies 7 1
Pollara 6 0
Research Co. 3 0

Tableau : Lectures régionales depuis l'élection de 2025, par maison.

Par région : Québec 36, Colombie-Britannique 27, Ontario 25, Alberta 23, Canada atlantique 20, Manitoba et Saskatchewan 20. Le rapport mensuel de Léger en est la colonne vertébrale : son PDF comporte un tableau croisé avec une colonne pour chacune des six régions, et la collecte automatique le lit (Noter les maisons de sondage canadiennes : précision, écart et transparence). Les autres maisons publient moins. Nanos garde ses chiffres régionaux d'intentions de vote sur un portail réservé aux abonnés; aucun n'est donc enregistré. Angus Reid publie ses parts régionales dans des graphiques à barres empilées plutôt que dans des tableaux. EKOS publie ses tableaux surtout sous forme d'images. Pallas donne les avances régionales dans le texte (des écarts, et non des parts). Les tableaux croisés complets de Mainstreet sont réservés aux abonnés, bien que ses PDF publics contiennent parfois des tableaux régionaux.

La fenêtre de 90 jours fait que, chaque jour, seules les lectures les plus récentes comptent. Au 15 octobre 2026, il y en a 13 : Abacus Data pour cinq régions (le Québec, l'Ontario, le Manitoba et la Saskatchewan et l'Alberta au 23 septembre, la Colombie-Britannique au 9 septembre), Léger pour les six (7 septembre) et Liaison Strategies pour le Québec et l'Ontario (29 août).

Les régions aujourd'hui

Région Maisons Poids des sondages Libéraux Conservateurs NPD Bloc Verts
Canada atlantique 1 33 % glissement / sondages 60,2 / 58,6 27,9 / 32,9 8,1 / 5,8 – 1,9 / 1,7
estimation (2025) 58,6 (55,5) 29,1 (38,0) 8,8 (4,3) – 1,5 (1,1)
Québec 3 60 % glissement / sondages 45,3 / 47,2 16,7 / 16,2 8,3 / 6,8 26,2 / 28,3 1,5 / 1,7
estimation (2025) 45,2 (42,6) 16,0 (23,3) 8,8 (4,5) 26,8 (27,7) 1,3 (0,9)
Ontario 3 60 % glissement / sondages 54,1 / 52,8 32,6 / 31,8 9,3 / 7,8 – 1,9 / 3,7
estimation (2025) 53,1 (49,2) 32,1 (43,8) 10,2 (4,8) – 2,5 (1,1)
Manitoba et Saskatchewan 2 50 % glissement / sondages 37,8 / 42,5 41,2 / 41,1 18,2 / 12,8 – 1,1 / 2,7
estimation (2025) 38,7 (34,1) 39,8 (54,9) 18,3 (9,4) – 1,5 (0,6)
Alberta 2 50 % glissement / sondages 32,3 / 30,6 49,9 / 56,4 12,7 / 8,9 – 0,7 / 1,7
estimation (2025) 30,4 (27,9) 51,6 (63,6) 12,8 (6,3) – 1,0 (0,4)
Colombie-Britannique 2 50 % glissement / sondages 42,2 / 55,5 28,1 / 27,6 22,9 / 9,8 – 4,7 / 3,7
estimation (2025) 47,6 (41,8) 27,3 (41,2) 19,5 (13,0) – 3,4 (3,0)
Les territoires 0 0 % glissement 50,8 23,5 23,6 – 2,1
estimation (2025) 48,3 (50,5) 22,5 (34,6) 27,5 (13,4) – 1,7 (1,4)

Tableau : Lectures régionales au 15 octobre 2026, part des voix. « Glissement » correspond à l'équation (1), « sondages » à l'équation (3), et l'estimation au résultat des équations (4) et (5); le résultat de 2025 figure entre parenthèses.

Le plus grand désaccord entre les deux lectures se trouve en Colombie-Britannique. Le glissement national, qui répartit la progression nationale des libéraux depuis 2025 en proportion de leur vote de 2025, leur donne 42,2 %. Les deux maisons qui ont un chiffre récent pour la Colombie-Britannique placent les libéraux 3 (Abacus) et 13 (Léger) points au-dessus de leurs propres chiffres nationaux, ce qui, appliqué à notre part nationale, donne 55,5 %. La combinaison, après ajustement, est de 47,6 %. En Alberta, les sondages régionaux voient les conservateurs mieux résister que ne l'indique le glissement national (56,4 % contre 49,9 %), et au Manitoba et en Saskatchewan, les libéraux faire mieux (42,5 % contre 37,8 %).

Projeter n'importe quelles parts nationales sur les régions

Une fois les estimations régionales d'aujourd'hui fixées, la prévision conserve, pour chaque région et chaque parti, le rapport entre la part régionale et la part nationale,

\[ \rho_{r,p} = \frac{E_{r,p}}{N_p}. \tag{6} \]

Tout autre ensemble de parts nationales \(N'\), qu'il s'agisse d'une élection simulée, d'une erreur passée rejouée ou des chiffres qu'un lecteur entre dans l'outil « Et si », est projeté sur les régions sous la forme \(N'_p \rho_{r,p}\), ramené à 100 dans chaque région. Une variation nationale est répartie entre les régions en proportion de la force régionale actuelle de chaque parti. Un point ajouté aux conservateurs à l'échelle nationale ajoute environ 1,7 point en Alberta (où leur rapport est de 51,6/30,3) et environ un demi-point au Québec (16,0/30,3).

Le Québec et le Bloc

Le Bloc québécois ne se présente que dans les 78 circonscriptions du Québec. Sa part nationale d'environ 6 % correspond à une part québécoise d'environ 27 %, soit un rapport de 4,39 aujourd'hui. Chaque point national du Bloc vaut donc environ quatre points et demi au Québec, et les sièges du Bloc sont particulièrement sensibles à son chiffre national. Selon le moteur des sièges, déplacer un point national des libéraux vers le Bloc fait passer le Bloc de 26,8 % à 30,1 % au Québec et de 21 à 26 sièges, tandis que les libéraux passent de 241 à 231.

Le bilan du Bloc dans les sondages est ici utile. Sa part nationale a été mesurée à environ un point près à chaque élection depuis 1993 (De combien les sondages canadiens se sont trompés, 1988–2025), et son erreur RMS depuis 2000 est de 0,54 point, la plus faible de tous les partis. La correction nationale du Bloc est donc minime (+0,07 point), et son erreur nationale simulée est la plus étroite (Simuler les élections canadiennes : d'où viennent les probabilités).

Le Québec est aussi la seule région où quatre partis comptent. L'estimation actuelle donne aux libéraux 45,2 %, au Bloc 26,8 %, aux conservateurs 16,0 % et au NPD 8,8 %. Des 48 circonscriptions qui changent de mains avec au moins une erreur passée des sondages rejouée sur les sondages d'aujourd'hui, 15 se trouvent au Québec, pour la plupart des luttes entre libéraux et bloquistes (Si nous nous trompons : les sondages d'aujourd'hui avec chaque erreur passée rejouée). Trois maisons couvrent aujourd'hui le Québec, autant que l'Ontario et plus que toute autre région.

Déplacer les circonscriptions

Chaque circonscription \(i\) de la région \(r\) part de son résultat de 2025, \(b_{i,p}\). Avec le glissement uniforme, la méthode en usage, elle varie du même nombre de points que sa région :

\[ s_{i,p} = \max\!\big(0,\ b_{i,p} + E_{r,p} - B_{r,p}\big), \tag{7} \]

et la circonscription est ramenée à 100. Le candidat du parti qui a la plus grande part l'emporte, comme le prévoit l'article 313 de la Loi électorale du Canada.

Trois règles complètent l'étape. Un parti sans candidat dans une circonscription en 2025 y reste à zéro, ce qui écarte le Bloc de toutes les circonscriptions hors du Québec et empêche un parti qui n'a pas présenté de candidat dans une circonscription d'y apparaître. Une part qui tomberait sous zéro est ramenée à zéro avant la remise à l'échelle. Et un parti qui n'avait aucun vote nulle part dans la région en 2025 prendrait la part régionale dans chaque circonscription; avec les règles actuelles, ce cas ne peut se présenter que pour les « autres ».

Le glissement uniforme a été choisi par un test. En rejouant sept paires d'élections avec la vraie variation régionale, il a attribué 268 circonscriptions au mauvais parti en tout, contre 278 pour un mélange à parts égales de glissement uniforme et proportionnel et 288 pour le glissement proportionnel (Tester le moteur des sièges : la vérification de la pluralité, 2025 et les reprises du glissement). Le choix est fait par le code chaque fois que la prévision est calculée : la méthode qui se trompe dans le moins de circonscriptions est utilisée.

Une circonscription détaillée : Repentigny

Repentigny a été remportée par le Bloc en 2025 avec 42,2 %, contre 38,8 % pour les libéraux, 15,2 % pour les conservateurs et 2,7 % pour le NPD. Dans l'estimation actuelle, la variation au Québec depuis 2025 est de +2,6 points pour les libéraux, −7,3 pour les conservateurs, +4,3 pour le NPD et −0,9 pour le Bloc. Selon l'équation (7), la circonscription devient libéraux 41,4, Bloc 41,3, conservateurs 7,9 et NPD 7,0 avant la remise à l'échelle, et après celle-ci, avec les petits partis, libéraux 41,5 et Bloc 41,5. C'est la circonscription la plus serrée du pays selon la projection actuelle : les libéraux y mènent par moins de 0,05 point, et dans les simulations, les libéraux la remportent 48 % du temps. Cinq des neuf erreurs passées rejouées sur les sondages d'aujourd'hui la donnent à un autre parti.

Les sièges par province

Province Sièges Libéraux Conservateurs Bloc NPD Verts
Terre-Neuve-et-Labrador 7 7 (4–7) 0 (0–3)
Île-du-Prince-Édouard 4 4
Nouvelle-Écosse 11 11 (9–11) 0 (0–2)
Nouveau-Brunswick 10 8 (6–9) 2 (1–4)
Québec 78 49 (42–60) 7 (4–9) 21 (11–27) 1 (0–2)
Ontario 122 108 (85–115) 13 (6–35) 0 (0–2) 1 (0–1)
Manitoba 14 7 (6–9) 5 (4–5) 2 (1–3)
Saskatchewan 14 5 (3–6) 9 (8–11) 0 (0–1)
Alberta 37 8 (4–13) 27 (22–31) 2 (1–2)
Colombie-Britannique 43 32 (27–37) 4 (2–10) 6 (3–7) 1 (0–1)
Yukon 1 1
Territoires du Nord-Ouest 1 1
Nunavut 1 0 (0–1) 1 (0–1)
Canada 343 241 67 21 12 2

Tableau : Sièges projetés par province, au 15 octobre 2026, avec entre parenthèses l'intervalle à 80 % tiré des simulations lorsqu'il ne se réduit pas à une seule valeur.

L'Ontario décide de l'ampleur de la majorité : son intervalle pour les conservateurs, de 6 à 35 sièges, est plus large que dans toute autre province, parce que de nombreuses circonscriptions de banlieue autour de Toronto sont des luttes entre libéraux et conservateurs à quelques points près. Par rapport au résultat de 2025, la projection fait changer de mains 79 circonscriptions : 70 des conservateurs aux libéraux, 5 des conservateurs au NPD, 2 du Bloc aux libéraux, et une des conservateurs au Bloc et une autre des conservateurs aux verts.

Les élections provinciales : l'Alberta et le Manitoba

En plus de la prévision fédérale, le site présente des projections instantanées pour deux élections générales provinciales, toutes deux à date fixe : l'Alberta le 18 octobre 2027 (Election Act, art. 38.1(2) : le troisième lundi d'octobre, quatre ans après la précédente) et le Manitoba le 5 octobre 2027 (Loi électorale, art. 49.1(2)(b) : le premier mardi d'octobre). Les deux assemblées sont élues au scrutin majoritaire : les 87 circonscriptions de l'Alberta, avec 44 sièges pour une majorité, et les 57 circonscriptions du Manitoba, avec 29.

La méthode est une version simplifiée de la méthode fédérale.

  • Moyenne. Le dernier sondage provincial de chaque maison dans les 90 jours précédant le plus récent, à poids égal, ramené à 100.
  • Circonscriptions. Le résultat de 2023 de chaque circonscription varie selon la variation de chaque parti dans les sondages depuis 2023, en combinant glissement uniforme et proportionnel : pour un parti qui a au moins 3 % dans la région, la nouvelle part est la moyenne du résultat proportionnel et du plus grand des résultats uniforme et proportionnel. Pour les deux grands partis (le Parti conservateur uni, ou PCU, et le NPD en Alberta; le NPD et les progressistes-conservateurs au Manitoba), la variation est pour moitié celle de la province et pour moitié celle de la région de la circonscription, là où les maisons publient des chiffres régionaux (Calgary, Edmonton et le reste de l'Alberta; Winnipeg et le reste du Manitoba). Les maisons délimitent ces régions différemment (ville proprement dite ou région métropolitaine), ce qui explique qu'elles ne reçoivent que la moitié du poids.
  • Incertitude. 2 000 élections simulées, chacune avec une erreur des sondages à l'échelle de la province pour chaque parti (écart-type de 4 points pour les deux grands partis et de 2 pour les autres, un réglage), une erreur régionale pour les grands partis (1,5 point) et un bruit dans chaque circonscription d'un écart-type de \(3 \times (1 + 0.05\,v)\) points pour un grand parti à \(v\) % (6 points à 20 %, 9 à 40 %), et de la moitié pour les autres.
  • Pas de correction. Le bilan des sondages provinciaux n'a pas été constitué; leurs sondages sont donc pris tels que publiés.

Selon les chiffres d'aujourd'hui, le PCU remporterait 45 des 87 sièges de l'Alberta (intervalle à 80 % de 39 à 58) et le NPD 42 (de 29 à 48), avec une majorité du PCU dans 76 % des itérations; la moyenne des sondages est de 46,4 % pour le PCU et de 41,9 % pour le NPD, selon quatre maisons. Au Manitoba, selon une seule maison (Probe Research, 14 septembre 2026 : NPD 60 %, progressistes-conservateurs 29 %), le NPD remporterait 43 sièges sur 57 (de 40 à 48). Les deux projections partent des élections générales de 2023; les élections partielles tenues depuis changent le titulaire d'un siège, mais pas la base. Les prévisions provinciales n'alimentent pas la prévision fédérale.

L'élection générale québécoise de 2026, tenue le 5 octobre, est présentée sur la page d'accueil Canada avec le dépouillement d'Élections Québec; le site n'a pas fait de prévision pour cette élection.

Limites

Des données régionales minces. Deux ou trois maisons par région, une au Canada atlantique et aucune dans les territoires, le rapport mensuel de Léger étant le seul à couvrir les six régions. La lecture d'une région peut dépendre d'une seule publication.

Un glissement uniforme à l'intérieur d'une région. Toutes les circonscriptions d'une région varient du même nombre de points. En Ontario, Toronto et ses banlieues et le nord de la province peuvent évoluer différemment, et le modèle ne peut pas le voir.

Des rapports figés à aujourd'hui. Les erreurs nationales simulées et rejouées sont réparties en proportion du profil régional actuel. Une erreur réelle concentrée dans une région n'est représentée que par le bruit régional distinct des simulations.

Pas de candidats locaux. L'avantage du député sortant, les départs à la retraite et les changements de camp ne sont pas pris en compte dans le glissement; chaque circonscription part de son vote de 2025. Ce que nous ne savons pas encore : les limites de la prévision sur le Canada traite de chacun de ces points.

Références

Loi électorale du Canada, L.C. 2000, ch. 9, art. 313.

Election Act (Alberta), R.S.A. 2000, c. E-1, art. 38.1.

Loi électorale (Manitoba), C.P.L.M. c. E30, art. 49.1.

Les chiffres sont à jour au 15 octobre 2026; les pages se mettent à jour avec chaque sondage.

Comment citer

Polling Forecast (2026). Des sondages nationaux aux 343 circonscriptions : les régions, le Québec et le modèle de glissement. Consulté le 17 octobre 2026 sur https://www.pollingforecast.com/research/canada-regions-fr. Les chiffres en direct changent avec les nouveaux sondages ; la date ci-dessus est celle de la dernière révision du texte.

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