France Presidential election, round one18 Apr 2027in 182 days Calendar Track record Research

Législatives : aucune majorité si l'on votait aujourd'hui, la gauche à 228 sièges

Notre projection donne 228 des 577 sièges à la gauche et 118 au RN, à partir de sondages législatifs vieux d'un an et du schéma de second tour de 2024.

Written in house from our poll data and our forecast.

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Photo: Jacques Paquier, CC BY 2.0

Aucun bloc n'obtiendrait la majorité des 577 sièges de l'Assemblée nationale si les Français votaient aujourd'hui : c'est le résultat de 98 % de nos simulations. Notre projection accorde à la gauche, Nouveau Front populaire et autres candidats de gauche, 228 sièges, soit 61 de moins que les 289 nécessaires. Ensemble et le centre en auraient 143, le RN et ses alliés 118, Les Républicains et le reste de la droite 73, les divers et régionalistes 15. La gauche est le premier bloc dans 62 % des simulations et obtient seule la majorité dans 2 % d'entre elles.

Aucune élection n'est convoquée, et l'Assemblée est occupée par le budget. Le 13 octobre, les députés ont entamé l'examen du projet de loi de finances pour 2027, qui vise à contenir le déficit à 5 % du PIB grâce à environ 43 milliards d'euros d'économies supplémentaires, selon LCP. Une motion de rejet socialiste a été repoussée par 236 voix contre 149, le RN ayant voté contre. Une source gouvernementale a indiqué à l'AFP que les débats pourraient se conclure par l'article 49.3 ou par ordonnances, comme l'an dernier. L'hypothèse d'une dissolution revient puis s'éloigne ; en juin, le camp d'Emmanuel Macron assurait à BFMTV qu'elle n'avait « jamais été envisagée », selon Anadolu. Un président élu en mai prochain pourrait dissoudre l'Assemblée, et cette projection donne une idée de ce à quoi pourrait ressembler un tel scrutin.

Les voix derrière les sièges

Le premier tour vient d'abord. Selon notre lecture des sondages, détaillée plus bas, le RN et ses alliés arrivent en tête avec 33,4 %, devant la gauche à 30,4 %, Ensemble à 20,3 % et LR et le reste de la droite à 11,5 %. Par rapport à 2024, Ensemble recule de 1,7 point et la droite traditionnelle progresse de 0,5 point. Nous corrigeons les sondages législatifs parce que leurs écarts sont restés dans le même sens : le RN et ses alliés ont été surestimés lors des six élections depuis 2002, de 2,1 points en moyenne, et la correction s'est révélée plus proche du résultat six fois sur six. Après correction, nos chiffres de premier tour sont les suivants : RN 32,7 %, gauche 30,9 %, Ensemble 20,5 % et LR 12,7 %.

Les sondages législatifs sont anciens. Les cinq sur lesquels repose la projection ont été réalisés jusqu'au 8 octobre 2025, et aucun institut n'a interrogé les électeurs sur des législatives depuis. Les instituts ont en revanche continué de sonder le premier tour de la présidentielle ; notre projection ajuste donc chaque bloc de l'évolution de son score dans ces sondages entre le 7 octobre 2025 et le 8 octobre 2026 : Ensemble en hausse de 4,5 points, LR en baisse de 2,7, Reconquête en baisse de 1,5 et les divers en baisse de 1,3. Cela suppose que les votes présidentiel et législatif d'un bloc évoluent de concert, ce que nous n'avons pas pu vérifier. Les sondages législatifs supposent aussi les alliances de 2024 : un seul candidat de gauche par circonscription, et le RN allié à l'UDR d'Éric Ciotti. Les instituts ont également testé une gauche divisée. Dans le dernier sondage de l'Ifop, une candidature unique de la gauche obtenait 24 % ; avec La France insoumise partant seule, celle-ci recueillait 19 % et les autres partis de gauche 8 %. Notre document de recherche le dit clairement : une gauche divisée changerait le premier tour dans la plupart des circonscriptions, et le modèle ne couvre pas ce cas.

Pourquoi le RN est en tête en voix mais pas en sièges

En France, le premier tour ne fait que départager les candidats. Un candidat est élu dès le premier tour s'il obtient plus de la moitié des voix et les suffrages d'au moins un quart des inscrits. Sinon, les deux premiers se qualifient, ainsi que tout autre candidat ayant recueilli 12,5 % des inscrits. En 2024, la plupart des triangulaires se sont transformées en duels grâce aux désistements réciproques des candidats de gauche et du centre, et le RN, arrivé en tête du premier tour avec 33,2 %, a terminé troisième en sièges, avec 142.

Notre modèle suppose que le second tour fonctionne comme à l'époque. Avec les chiffres actuels, 73 sièges sont pourvus dès le premier tour. Ailleurs, la gauche affronte le RN dans 237 circonscriptions et en remporte 165 ; Ensemble affronte le RN dans 128 et en gagne 115 ; LR affronte le RN dans 72 et en gagne 64. Par rapport à 2024, 77 sièges changent de bloc. Le mouvement le plus important, 26 sièges, va d'Ensemble vers la gauche, tandis que le RN en cède 15 à la gauche, 9 à LR et 8 à Ensemble.

Quel degré de certitude

Faible, et nos propres travaux le disent. Le modèle qui tranche les duels a été calibré sur les 403 duels de 2024. Calibré sur 2022 et testé sur 2024, il désignait 64,5 % des vainqueurs, contre 61,0 % en retenant simplement le candidat arrivé en tête au premier tour. Calibré sur 2024 et testé sur 2022, il faisait moins bien que cette règle, 74,8 % contre 78,0 %. Les électeurs ne se sont pas comportés de la même manière au second tour de ces deux scrutins.

Les projections en sièges des instituts, réalisées entre les deux tours avec les résultats du premier tour en main, ont elles aussi un historique médiocre. Lors de chacune des trois dernières élections, le bloc arrivé en tête du premier tour a obtenu moins de sièges que ne le prévoyait la fourchette de chacun des instituts : le camp macroniste en 2017, la gauche de la Nupes en 2022 et le RN en 2024. En 2022, le RN était projeté entre 26 et 48 sièges et en a obtenu 89.

Nos fourchettes à 80 % sont larges et sans doute encore trop étroites : la gauche entre 153 et 245 sièges, le RN entre 80 et 161, Ensemble entre 125 et 210. Sans notre correction, sur la base des sondages en l'état, le RN aurait 136 sièges et la gauche 214. Rejouer les erreurs passées des sondages fait varier le RN entre 81 sièges, si les sondages se trompent comme en 2017, et 125, s'ils se trompent comme en 2022. Au total, 95 sièges changent de mains dans au moins un de ces scénarios.

Qui pourrait gouverner

Avec ces chiffres, toute majorité exige au moins deux blocs. La gauche et Ensemble réuniraient 371 sièges et atteignent 289 dans la quasi-totalité des simulations. Ensemble, LR et le reste de la droite en auraient 216 et y parviennent dans 12 % des cas ; le RN et LR en auraient 191 et n'y parviennent pratiquement jamais. La gauche obtiendrait seule la majorité si 4 points passaient du RN vers elle. Le RN n'en obtiendrait pas, même si six points passaient de la gauche vers lui.

Ce calcul repose sur le schéma de désistements et de reports de 2024, et c'est l'élément le plus susceptible de changer. Si les partis qui se sont désistés les uns pour les autres en 2024 cessent de le faire, c'est le RN, que notre modèle donne perdant dans la plupart de ses duels, dont le total de sièges bougerait le plus. Les premiers sondages législatifs après une éventuelle dissolution pèseraient plus que tout ce qui figure ici.

Polling Forecast lit chaque sondage dans dix pays, corrige les erreurs passées des instituts et les traduit en sièges.

Notre projection et tous les sondages →

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